Samedi 22 septembre 2007 6 22 /09 /Sep /2007 11:07

Hier soir se déroulait France-Irlande, un match de rugby. Deux équipes de 15 joueurs qui se tapent nus sur la gueule avec des calendriers.
L’éminent journal Le Monde et son journaliste Erwan le Duc s’occupait vraisemblablement du résumé. Et visiblement, comme les Irlandais, il était dans un mauvais jour :
 
 le-monde-2-copie-1.JPG
 
 
Je rappelle qu’il y a trente gaillards sur une pelouse de rugby, lors d’un match. Pas 22. 22, c’est en football.
Comme quoi y pas qu’ici qu'on trouve des conneries.
Par Myblog - Publié dans : Spore
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Vendredi 21 septembre 2007 5 21 /09 /Sep /2007 16:52

La jalousie des insignifiants du stylo est sans bornes, ne cessant d’irradier ses tâches d’encres jusqu’aux pages les plus blanches du web. « Le Black de Myblog est inimitable », pensais-je, avant de buter sur le Blog de Myblack.
 
Simple admirateur maladroit ou communauté secrète ? Le Blog de Myblack est ancien mais son pillage n’a aucune limite. L’usurpation, grossière, vandalise mon génie à tel point que les titres sont souillés, mon paillasson martyrisé, mes chroniques aussi profanées que le gazon de Pulla Laf – qui, il est vrai, a tout de l’archétype de la jeune fille en fleur.
 
L’endroit a ses fidèles, ses tâcherons. Des réponses nerveuses, des commentaires indignes. La médiocrité des articles ressort de la boîte si puissamment qu’on se les prend à la gueule en criant pitié pour nos intimités. Bon sang, j’ignorais qu’on pouvait écrire aussi mal, sans se soucier de la vérité et du respect de l’humour !
 
J’ai bien entendu ignoré l’e-mail Gibson (du genre à rentrer directement dans le vif du sujet sans se soucier du scénario) de cet impétueux freluquet, de ce jean-foutre de dortoirs mixtes, qui insistait pour que j’arrête dans les plus brefs délais mon Black de Myblog.
Comme disait Claude François : je vous tiens au courant.
Par Myblog - Publié dans : Peste du rideau
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Vendredi 21 septembre 2007 5 21 /09 /Sep /2007 12:43

Après dissection morbide de mon Black et épinglé par Amédée-Jean Chermak, du CASOB (Commission Agrée de la Statistique d’Over-Black), la conclusion, acide et impitoyable, a révélé un manque flagrant de racolage intra-muros.
 
« Malgré une bonne volonté évidente en terme de diffamations et d’insultes à minorités déficientes (noir, chauve, adolescent, homosexuel), votre black affiche un taux de racolage au-dessous de la moyenne indispensable à la bonne marche de notre société. Ainsi, le pourcentage érotique de vos articles n’excède pas 8%, bien en deçà de nos objectifs prévisionnels. La qualité de votre expression écrite nous coûte plusieurs centaines de lecteurs analphabètes, et votre humour fin et racé nous éloigne de la cible prioritaire, à savoir les Samantharthurocauetophiles. Veuillez donc prendre les mesures nécessaires, dans un souci d’apaisement conjoint, et acceptez mes sincères salutations sale fils de pute », m’écrit Amédée-Jean dans une plume conventionnelle mais néanmoins distinguée sauf vers la fin où il merde un peu, ce gros connard. Mais bon, passons.
 
Mon Black est en manque de sexe, m’informe-t-il, ce en quoi je réponds qu’il colle ainsi parfaitement à l’image de son propriétaire. Esthétiquement drôle, profond, éclatant, mais refoulé.
Le bellâtre a visé juste, là où ça fait mal : dans l’entrejambe.
 
Plusieurs choix s’offrent à moi.
Le premier consiste à métamorphoser l’intellect de mes lecteurs – exceptionnellement brillant pour 88% d’entre eux -, pour en faire des crétins incapable de peler une orange sanguine sans en fournir eux-mêmes le liquide. Hélas, cette transaction me priverait des commentaires avisés qui font le charme de ce Black, puisque, d’après une autre étude, 28% des passagers de l’endroit préfèrent sauter les articles pour directement atterir sur les commentaires, qu’ils jugent plus intéressants.
Le second m’astreint à changer mon style, adoptant sans la laisse nécessaire une irrévérence grossière sentant la pisse – comme on dit vulgairement -, jumelée avec des odes aux émanations corporelles telles que BURPS, PROUT, FRANCOIS BAYROU qui me feront passer pour un lourdeau besogneux putassier vendu aux masses et donnant au peuple ce qu’il attend.
Le troisième choix m’autorise à engloutir 14 sachets de Frosties nouvelle formule au chocolat puis de les broder pour m’en faire un chapeau que j’exhiberai aux heures de pointes entre La Motte Piquet et Sèvres-Babylone, solution à la fois risquée sur le plan de la dignité humaine et sans aucun rapport avec les incriminations de Jean-Amédée Chermak.
Le cinquième verrait me muer en analyse politique bas de gamme prêt à cracher sa bile par des extrapolations aléatoires à tendance gauchisantes médiocrement partisanes dont l’insubstantifique moelle réside en des coups médiatiques loupés (scoops sans intérêts annoncés à grand renfort de trompettes, transgression des règles démocratiques à ¼ d’heures de la fin du match) qui font fantasmer les gens de son bord et participe à la masturbation intellectuelle du web ; mais Guy Birenbaum le fait bien mieux que moi.
Le sixième et dernier choix serait d’offrir en un minimum de place un maximum d’obscénités aveuglantes à faire passer Michel Sardou par un prince du romantisme.
Le Black de Myblack vous offre donc en exclusivité le jeu « A qui est cette bite ?». 

BITE.JPG
Par Myblog - Publié dans : Peste du rideau
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Jeudi 20 septembre 2007 4 20 /09 /Sep /2007 12:39
Notre spécialiste cinéma Gerbard Crorar, en expédition dans le Cantal pour les besoins d’un tournage (l’anniversaire de son petit cousin Cédric), a trouvé dans un grenier familial un chef-d’œuvre du 7ème art : l’Arroseur arrosé.
 
Pas la version pitoyablement comique de Louis Lumière soi-disant tournée en 1895, non : celle de Jean-Louis Yaourt, réalisée en 1892.
La similitude des titres entrevoit le doute : y a-t-il eu usurpation de la part de Louis Lumière ? L’opus de Jean-Louis Yaourt, de trois ans son aîné, contient déjà les ingrédients qui ont fait le succès de l’homme au tuyau farceur : du rire, de l’émotion, un jeu d’acteur époustouflant. Rendons à Jean-Louis Yaourt ce qui appartenait à Louis Lumière : la paternité du premier court-métrage français de l’histoire du cinéma.
 
Né en 1864 au Havre dans une famille protestante spécialisée dans l’industrialisation de bouts de bois, Jean-Louis Yaourt travaille un temps dans l'entreprise de son père avant de partir pour Singapour à cause d’un pari malheureux. Trois ans plus tard il rentre en France en remontant le Rhône en pirogue : il s’installe alors à Paris, près du Théâtre Bob Hazam où jouent alors les plus grandes troupes. En 1887 il s’achète un poster représentant une femme assis sur un parpaing et l’affiche dans sa chambre de bonne : c’est l’acte fondateur de L’arroseur arrosé - bien qu’on ignore pourquoi (les dictionnaires sur le cinéma restent vagues sur le sujet, certains omettent même l’anecdote).
En 1888, à l’occasion de la fête du pain d’épice tranché, Jean-Louis Yaourt s’achète un cinématographe. Il ne parvient à faire fonctionner l’appareil qu’en 1892, après plusieurs tâtonnements – les notices, à l’époque, n’avaient pas encore été inventées. Il fonde alors sa propre société de production et projette, seul, dans son garage, des interminables scènes de murs immobiles qui n’intéressent personne. Au chômage et désireux d’épater une certaine Julie, qu’il convoite ardemment, il se met alors en tête de réaliser un film. L’appât du gain et de la notoriété le pousse finalement, en mars 1892, à tourner L’arroseur arrosé. Hélas Julie meurt une semaine plus tard et Jean-Louis Yaourt, déprimé, range alors sa création dans la cave de son appartement parisien.
Après de nombreuses autres désillusions sentimentales et quelques courts-métrages supplémentaires (« Mon copain Rex », « Pique-nique de juillet », « Ouvre la bouche et tais-toi »), il s’y suicide en 1894 en inhalant Daniel Balavoine. La première personne qui constate l’odeur nauséabonde du cadavre en putréfaction dans l’immeuble est un voisin lui aussi implantée dans le milieu du cinéma : Louis Lumière. On connaît la suite…
 
L’arroseur Arrosé, de Jean-Louis Yaourt :

 
 
 
 
P.S : Un grand merci à Crorar pour avoir trifouillé les bobines du film afin de rajouter l’adresse de mon Blog. Du bon boulot, Gégé.
Par Myblog - Publié dans : Elevage et Vertissements
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Mercredi 19 septembre 2007 3 19 /09 /Sep /2007 12:38

Après les T-shirts, les coussins, les bracelets, les agendas, les casquettes, les tasses et les bijoux, un nouveau produit dérivé vient fleurir la boutique du groupe Tokyo Formule 1 : le papier toilette Bill Kaulitz.

S7300276.JPG
Tirée à 300 000 exemplaires, cette feuille de PQ plaira aux inconditionnels des rockeurs teutons. Sorte d’icône divine, de peinture sacrée peinte sur panneau de bois, l’objet ravira tout jeune de moins de 18 ans. Initialement conçue pour se nettoyer le derrière, elle peut également servir à se récurer les oreilles – en prenant soin toutefois de d’abord commencer par les oreilles.
Le papier toilette Bill Colique Kaulitz est aussi disponible en version usagée, aromatisée au derrière du chanteur – les critiques qui comparent le groupe à de la merde seront alors servis.
 
 
Ce nouveau produit dérivé arrive à point nommer pour désamorcer les rumeurs sur l’homosexualité présumée du chanteur et détourner l’attention des groupies éconduites dans la banquette arrière.
Noyer son chagrin en vidant la carte bancaire de papa pour une énième effigie : voilà ce qu’espère de la part des adolescentes les producteurs du groupe. Car ceux-ci ont beau démentir et assurer que « Bill Kaulitz n’est et ne sera jamais gay. Au contraire, je vous rassure, il va très bien », les fans ne comprennent pas comment leur idole a pu sombrer dans le travers de l’homosexualité. « Il était bourré, mais pas avec de l’alcool », regrette Sabrina, 16 ans. « C’est vrai que sa voix faisait un peu efféminée, enfin j’crois vu que j’écoutais pas ses chansons », confie une autre admiratrice, Marion, entre deux caresses.
 
Alors que le succès du groupe reposait sur l’hystérie des pucelles, on peut se demander si l’officialisation de l’homosexualité de Bill Kaulitz ne marque pas la fin de leur carrière. Le Boys ne Band dorénavant plus pour elles : les petits cris aigus qu’il poussait lors de ses refrains seront désormais sans retour. Ne subsistent dès lors, entre les mains des jeunes filles, que les posters et le PQ.
A leur tour de pousser, maintenant.
Par Myblog - Publié dans : Actu alitée
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Mardi 18 septembre 2007 2 18 /09 /Sep /2007 11:17


Influencé par la lecture de la lettre de Guy Môquet dans les vestiaires de France-Argentine, le conseil d'administration des magasins Saint-Maclou a décidé de lire à ses employés la lettre de Guy Moquette.

La marque connaît en effet un effondrement de son chiffre d'affaires (-16% en 2006) et se doit de remotiver ses salariés. L'augmentation de leur rémunération n'a apporté aucune satisfaction et, face, à l'enlisement général, Saint-Maclou passera mercredi au plan B.
La lecture s'effectuera à 8 heures, dans toutes les enseignes du groupe. Le chef des ventes montera sur une estrade puis commencera le récit émouvant de Guy Moquette, le jeune ouvrier communiste accidentellement recouvert de papiers peints le 22 octobre 1941 par des soldats allemands. 

Les vendeurs se laisseront-ils submerger par l'émotion ou parviendront-ils à trouver les ressources nécessaires pour améliorer leurs chiffres annuels ? Réponse en 2008.


La lettre de Guy Moquette :


Mes petits clients chéris,
mon responsable adoré,
mon sol stratifié aimé,

Je veux mourir ! Ce que je vous demande, vous, en particulier la dame à ma gauche avec la veste à carreaux, c’est d’être courageuse et de m'acheter ce carrelage en céramique émaillé (seulement 22,90 € le m²). Je le suis, un vendeur compétent, et je veux l’être autant que ceux qui sont passés avant moi.
Certes, j’aurai voulu vivre. Mais ce que je souhaite de tout mon coeur, c’est que ma mort serve à quelque chose. Je n’ai pas eu le temps d’embrasser Jean, bloqué au rayon des tapis d'Orient. J’ai embrassé mes deux frères Roger et Rino. Quant aux soldes véritables je ne peux les faire, hélas !
J’espère que toutes mes affaires vous seront renvoyées, surtout que les frais de port sont gratuits. Elles pourront servir à Serge, lui qui a tant besoin d'une moquette anti-glisse en fibres naturelles.
A toi, petit Papa, si je t’ai fait, ainsi qu’à petite Maman, bien des peines dans ma décision de lâcher mes études d'informaticien pour devenir simple commercial, je te salue une dernière fois. Sache que j’ai fait de mon mieux pour suivre la voie que tu m’as tracée (celle recouverte d'un sublime revêtement en bambou verni). Un dernier adieu à tous mes amis et à mon frère que j’aime beaucoup. Qu’il étudie bien pour être plus tard un homme et, si possible, le vendeur numéro 1 de son magasin.
17 ans et demi ! Ma carrière a été courte !
Je n’ai aucun regret, si ce n’est de vous quitter tous, au moment même où sortent quatre nouveaux coloris de rideaux.
Maman, ce que je te demande, ce que je veux que tu me promettes, c’est d’être courageuse et de surmonter ta peine. Je ne peux pas en mettre davantage que les 15% de ristournes accordées. Je vous quitte tous, toutes, toi Maman, Serge, Papa, je vous embrasse de tout mon cœur.
Courage !
Votre Guy qui vous aime.

Dernières pensées : "Vous tous qui restez, soyez dignes de nous, les 27 qui allons mourir à la tâche pour satisfaire la clientèle !"

Par Myblog - Publié dans : Actu alitée
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Lundi 17 septembre 2007 1 17 /09 /Sep /2007 11:03
Placé sous respiration artificielle depuis fin août, Michel-Jean Malchanceux périclite. Le coma s’est pris d’affection pour le chroniqueur libertin, devenu incapable de pincer les miches de ses infirmières particulières. Son état de santé, végétatif, inquiète grandement Myblog, son employeur : « manquerait plus qu’il en oublie d’écrire son article pour septembre, avec ses conneries ! »
 
aubergine.JPG Michel-Jean Malchanceux, un humain sur un corps de légume (septembre 2007)
 
 
 
Juste avant d’entrer dans les abîmes de l’inconscient, Michel-Jean s’apprêtait à confirmer ou infirmer l’existence de Dieu. « Dieu est… Dieu est… Dieu est… », a-t-il balbutié, à quelques kilomètres de l’arrivée. Le monde religieux, suspendus à ses lèvres, attend désormais son réveil. Les spéculations vont bon train, jusqu’à Lourdes, plus précisément.
Là-bas, les couvents se branlent (1) par centaines et prient l’éveil de l’enfant prodigue en conseils séductions. Les nonnes ânonnent puis se touchent (2) près des grottes miraculeuses, pour se donner du baume au cœur. Et si leur meneuse implore l’aide du tout-puissant, elles opinent (3). Les hésitantes sont exhortées par les cardinaux, qui les acculent (4). Quant aux curés, entourés des enfants, ils masturbent (5).
 
(1) : se bouger, être instable
(2)  : se tenir près, être en contact immédiat avec
(3)  : donner son approbation
(4)  : contraindre
(5)  : exciter manuellement les organes génitaux (de quelqu’un)
 
 
Le pape en personne a tenté d’appeler Dieu, mais celui-ci sonne occupé. « Les astuces de Michel-Jean pour draguer les meufs m’ont été si profitable que j’aimerais moi aussi lui rendre la pareille, a indiqué le vieillard. L’a-t-il rencontré ? Si seulement… Car si Dieu n’existe pas, j’aurais vraiment l’air d’un con, au boulot ! »
La Mecque est en larme, et sa compagne, bien que voilée, souhaite de tout cœur le rétablissement imminent de celui qui a tant œuvré pour la compréhension de cette anomalie de la nature qu’est le lesbianisme (pourquoi aimer les femmes, alors que Myblog est encore célibataire ?).
 
  fideles-malchanceux.JPG
 
 
Pulla Laf, Miss Com’ 2007 du Black de Myblog, avait rédigé un superbe discours en mémoire de l’homme dont les conseils ont sauvé le destin maussade de centaines de lecteurs. Hélas, elle l’a égaré en pleine capitale, sans savoir exactement où. Toute personne susceptible de détenir en sa possession une feuille barbouillée de mots illisibles est priée de se rendre au domicile de Pulla Laf.
De même, afin de faciliter les recherches et comprendre les raisons qui ont poussé Michel-Jean Malchanceux à sombrer dans le coma, toute personne ayant croisé ces deux derniers mois un jeune homme brun un peu paumé est priée de se rendre au commissariat le plus proche.
Gerbard Crorar me fait également préciser que toute jeune fille brune un peu paumée est priée de se rendre immédiatement au domicile de Myblog, pour un… un… une… un entretien, voilà. Oui. Un entretien. Pour un entretien.
 
 
jean-michel-lapoisse-copie-1.JPG
Michel-Jean Malchanceux, un légume sur un corps d’humain (juillet 2007)
 
 
 
Pour soulager sa peine et dédramatiser l’angoisse, Myblog a organisé un pari collégial sur la date du retour à la vie de son camarade Lapoisse. Il a misé 50 euros sur le 17 janvier, Gerbard Crorar 40 euros sur le 8 Novembre, et Rayffou Bounamon 60 euros sur le 29 mars.
Rire de la mort d’un ami en gagnant de l’argent sur son dos : la meilleure méthode pour soulager son chagrin.
 
Par Myblog - Publié dans : Michel-Jean Malchanceux
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Dimanche 16 septembre 2007 7 16 /09 /Sep /2007 11:00
Depuis plus d’une semaine se joue à l’Olympia Le président de la république française ne vous accorde guère d'importance, la nouvelle comédie musicale de Gérard Presgurvic. Le spectacle, programmé jusqu’au 30 octobre, nous fait revivre les cent premiers jours du président Sarkozy.
 
Le tour de chant s’ouvre sur une introduction rapide à forte coloration de campagne électorale où Christian Clavier, incarnant Nicolas, vient à bout de l’horrible Ségolène Royal après un combat à l’épée. Autour d’une figurine ensanglantée de François Bayrou dansent de façon désarticulée des sosies d’Alain Duhamel et d’Arlette Chabot, habile métaphore de la marionnette médiatique. La victoire acquise, la troupe se réunit autour du ponton de l’Elysée en carton-pâte, où un Claude Guéant méconnaissable (joué par Lukas de la Star Ac’) entonne la chansonnette, pour le plus grand plaisir des spectateurs.
 
Dans ce costume présidentiel taillé sur mesure, Christian Clavier est divin. Omniprésent sur la scène, il semble ne faire qu’un avec le public. Au prix de quelques séances de gymnastique et grâce à l’aide de l’ingénieur lumière, l’acteur perd même ses disgracieux bourrelets, accentuant ainsi le mimétisme. Son rôle central éclipse par moment le reste du casting, un casting d’ouverture mêlant chanteurs débutants et choristes confirmés piqués aux théâtres voisins.
 
Les scènes se succèdent au gré des chorégraphies, toutes plus décomplexées les unes que les autres. Ici intervient Brice Hortefeux (Emmanuel Moire) en imperméable, dans un hangar reconstitué. Entouré d’une dizaine de jeunes comédiens (des intermittents du spectacle d’origine maghrébine, pour la plupart), il interprète avec perfection le bruit lancinant du moteur d’avion prêt à décoller. Ailleurs apparaît un yacht en or massif : à l’avant un pseudo-Vincent Bolloré (Faudel) lance des lecteurs de Libération en papier sur le centre de l’estrade. Christian Clavier les nargue, leur marche dessus, sous les vivats d’une Cécilia plus ressemblante que nature – habillée, petit clin d’œil du metteur en scène, en infirmière.
 
Difficile de détacher un membre de ce squelette où le Français moyen se retrouve avec ivresse. Le plateau de l’acte 3 réunissant Nicolas et Guy Môquet (admirablement incarné par un Jean-Michel Aphatie à contre-emploi) nous appose les larmes aux yeux ; sa chanson, une ballade signée Obispo, clôt la troisième partie de manière dramatique, inoubliable.
 
Quelques faiblesses ensuite, à mettre au crédit de la piètre performance des acteurs interprétant les caciques du Parti Socialiste : la chorégraphie est confuse, brumeuse, les danseurs se marchent sur le pied, trop désireux d’occuper le devant de la scène. Presque trop ressemblante, finalement. Fort heureusement les minutes qui lui succèdent sont exquises. Ah, cette sérénade improvisée à Rachida Dati, toute de cuir vêtue ! Ah, ce rock impérieux célébrant les miracles de Nicolas à propos de l’Europe ! Et cette chanson terminale, point d’orgue du show, entraînante comme le discours de la porte de Versailles ! Preuve de cette réussite : les journalistes présents qui n’ont pas été censurés ont majoritairement approuvé le spectacle, dont une prochaine diffusion à 20h50 est déjà à l’étude du côté de la première chaîne.
Amis de droite, reprenons tous en chœur les paroles du tube de l’automne :
 
 
Le roi du monde, vit au sommet
Il a la plus belle vue, depuis le 16 mai
Il sait très bien ce qu’on pense de lui
Mais il s’en moque, il a plein d’amis
 
Le roi du monde fait tous ce qu’il veut
C’est pas Marianne qui va lui donner des bleus
Y a du monde autour de lui, et on danse, et on rit
Pendant qu’en bas, eux, ils vivent du RMI
 
Nous on fait l’amour, on vit la vie
Jour après jour nuit après nuit
A quoi ça sert d’être sur la terre
Si c’est pour faire vos vies à vous
On sait que le temps c’est comme le vent
Faut vivre y a que ça d’important
On se fout pas mal de leur morale
Ils peuvent s’en prendre qu’à Ségolène Royal
 
Par Myblog - Publié dans : Popol et tics
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Samedi 15 septembre 2007 6 15 /09 /Sep /2007 12:58
Même si les 1000 euros récemment gagnés au poker ont constitué un bout d’éponge tout à fait acceptable pour effacer quelques vieilles ardoises que je traînais aux pattes, des traces de craies persévèrent, insubmersibles.
J’ai besoin d’argent, de monnaie, de flouze ou tout ce qui est susceptible de valoir davantage qu’un rond découpé dans de l’aluminium. Marre d’acheter du lait caillé, des oranges givrés et des légumes congelés. Je veux du chaud, du torride, du bouillant, de l’ardent, n’importe quoi qui me brûle les molaires et me calcine la gorge, n’importe quoi du moment que c’est hors de prix !
Je savoure davantage un met lorsque mon portefeuille sait quel goût il a.
Du coup, pour me payer des papilles de luxe, j’ai postulé à Mac Donald’s. On appelle ça un oxymore, ou, en langage économique, un job alimentaire.
Problème : Mac Do recrute n’importe qui, et je ne suis pas n’importe qui.
La perspective d’avoir comme collègues de travail des déchets de l’humanité ne m’enchante pas particulièrement, mais j’espère qu’ils sauront se montrer accueillants et, si possible, indifférents à ma venue.
Les filles bossant chez Mac Do font souvent du surpoids. A croire qu’elles s’identifient trop à la marque. Un peu comme si tous les employés de Gaz de France souffraient d’aérophagie.
Quant à leurs conjoints masculins, ils ressemblent soit à Milhouse des Simpson, soit à des caricatures de jeunes en difficultés rasés de près, la caricature en moins. Si les producteurs de Resident Evil 3 cherchent des figurants pour interpréter leurs zombies, ils sauront où petit-déjeuner.
Cette poubelle ne m’enchante guère, à vrai dire, mais il faut bien gagner sa croûte. Heureusement que l’argent n’a pas d‘odeur, sinon je me poserais des questions.
 
Oui, j’aurais éventuellement pu me prostituer et offrir mon corps à la rue, comme le font certaines étudiantes pour financer leurs études. Mais pourquoi faire payer aux gens ce qu’ils peuvent obtenir gratuitement ? M’abaisser au niveau du trottoir, très peu pour moi, surtout quand le caniveau recrute.
Il recrute et je l’accepte, je me rends au rendez-vous fixé au téléphone. Une approche, une mise au point, l’occasion pour l’enseigne américaine de vérifier que je ne suis un poseur de bombes ou un détraqué mental.
Peu avant onze heures, je pénètre dans un immeuble assez classieux, sans rapport avec le future théâtre de mon stage. Une secrétaire aux cheveux tirés me demande mon identité, je la lui déclame ; son bureau est d’une sobriété pontificale, la pièce, éclairée aux trois-quarts, me paraît trop imposante pour le contexte. Etonné, je m’assieds à côté, dans une salle d’attente austère et morne, sans magazines ni lueurs.
Quelqu’un est déjà là. Sûrement l’homme que je dois rencontrer.
Il me semble jeune, mais après tout, dans ces entreprises américaines, les self-made-man se madent si vite qu’il est envisageable qu’il soit made si jeune.
Je décide de persister dans ce silence, espérant qu’il le rompt le premier, comme son pedigree l’exige, mais non, rien, il se contente d’être là. Ma venue ne l’a aucunement perturbé, c’est à peine s’il cligne des yeux, à peine s’il respire.
Au bout de quelques minutes je comprends qu’il travaillera avec moi, étrangement, vu sa cravate, sa chemise bleue, sa coupe parfaite, son standing. Il n’a rien du sconse que l’on percute en s’achetant son burger, boudiné dans sa médiocrité ; ce type est incroyablement propre, presque séduisant, si beau que même la jalousie l’approuve. Si j’avais opté pour la prostitution, nul doute que j’aurais tout tenté pour l’avoir comme client.
Lorsqu’une voix nous appelle il est le premier à se lever, me reléguant au second rang, sur la chaise la moins aveuglante. Face à nous un cinquantenaire, dont le nom s’affiche en bas de l’écran : Stéphane.
 
- Bonjour à vous deux, dit-il, en nous regardant d’un ton bienveillant.
- Salut, fais-je.
- Bonjour, fais l’autre.
- Ludovic et Myblog, donc.
- Oui, qu’on répond, vu qu’on est poli.
 
Au lieu de nous décrire quelques banalités sur notre prochaine fonction, il ouvre une pochette renfermant deux curriculum vitae, qu’il commence à relire intérieurement. Avant d’ajouter : « cet entretien a pour but de déterminer lequel d’entre vous est le plus apte à collaborer pour nous. Nous n’en choisirons qu’un, tâchez d’être celui-là ». Je suis un peu surpris, je n’imaginais pas la concurrence si féroce sur le marché du travail.
Impassible, mon collègue de droite opine. Stéphane saisit l’un des deux CV pour le porter à ses lèvres, d’un ton plutôt grave.
 
- Alors. Ludovic. Licence d’Histoire. Diplômé de l’ESJ-Lille. 26 ans. Stage de trois mois au Monde. Stage d’un mois à 20 minutes. Stage de quatre mois à Sud-Ouest.
- Oui, je suis originaire de Gironde.
- Très bien. Vous vous occupez également d’une association venant en aide aux personnes handicapées.
- Oui, sur mon temps libre.
- Très bien. Je vois que vous avez également passé une année aux Etats-Unis.
- Oui. En 2004. J’en ai profité pour parfaire mon anglais.
- Bien sûr. Bien sûr. Bien. C’est important. N’est-ce pas, Myblog ?
- De parler anglais ?
- Oui. De parler anglais.
- Ah. Oui, oui. C’est important. De parler anglais.
- C’est devenu indispensable, de nos jours. Surtout dans une société comme la vôtre, à l’accent mondialisé et pourtant accessible, puisqu’elle est partout, dans presque chaque état de la planète. C’est ce qui fait sa force, d’ailleurs, ce savant mélange d’exigence et de simplicité.
- Tout à fait Ludovic, tout à fait.
 
La moitié de mon corps s’inonde, le reste se contentant de flageoler.
 
- Alors, dites-moi, Ludovic, pourquoi désirez-vous travailler pour nous ?
- Ouvert aux autres et aux technologies de la restauration rapide, je fréquente quotidiennement Mac Donald’s, dont j’apprécie l’univers. Mes diverses expériences au sein de la presse m’ont permis d’acquérir un capital informatif capable d’orienter et de conseiller le choix de vos clients, ainsi qu’un réseau étendu pouvant à l’occasion servir en cas d’anniversaire organisé par le clown Ronald. Mes études en journalisme n’ont fait que renforcer mon attrait pour le monde du fast-food, dont je souhaite découvrir les arcanes pour consolider ma culture générale. Ma passion pour le basket-ball, que je pratique depuis maintenant 8 ans, est en adéquation parfaite avec votre marque : dynamique et sportive. Je dispose, suite à mon cursus universitaire, d’un esprit synthétique parfaitement adéquat au besoin de la retransmission orale des commandes de la clientèle ainsi qu’un sens du travail en équipe très développé. Je suis parfois trop perfectionniste, c’est là mon principal défaut. Et un peu trop serviable, aussi. Passionné par l’actualité et les sauces en tous genres (moutarde, ketchup, mayonnaise, roquefort), ce job contribuera, durant quelques semaines, à mon épanouissement personnel et mon goût pour la promiscuité transpiratoire.
- Pas mal. Un peu trop récité, à mon sens, mais pas mal. Alors. Et vous, Myblog ?
- 100 euros l’amour, 30 la pipe.
Par Myblog - Publié dans : Peste du rideau
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Vendredi 14 septembre 2007 5 14 /09 /Sep /2007 13:42

Incapable d’humilier proprement 11 femmes de ménages écossaises avec des torchons autour de la ceinture – comment appellent-elles ça, déjà ? Un kilt ? -, l’Equipe de France de Football va maintenant devoir s’activer pour rendre clean sa copie des éliminatoires de l’Euro 2008.
 
Inutile d’épiloguer sur le sujet ou de se perdre en analyses superflues : nos joueurs ont failli. Failli marquer, failli arrêter le seul tir britannique du match, ils ont lamentablement failli. Pour assouvir bestialement nos pulsions démolisseuses de fanatiques frustrés, nous devons nécessairement trouver un bouc émissaire.
Le bouc émissaire est un peu comme la branlette du supporter : il permet de s’occuper en attendant les jours meilleurs, de tirer à vue en maudissant la conjoncture et les dédains des filles trop belles. Sauf que mon orgasme a du mal à s’exprimer en pensant à Lilian Thuram, voyez-vous ?
Les rencontres des Bleus me rendent impuissants, surtout lorsque le viagra Thierry Henry est absent. Ses coéquipiers sont les responsables de ma déficience érectile, mais impossible de tous les haïr : l’effort de concentration est beaucoup trop important.
Dès lors quel bouc émissaire choisir ?
 
Mickaël Landreau est fautif sur le but, cela ne fait aucun doute. La preuve : il ne l’a pas arrêté. C’est le seul véritable blanc de l’équipe mais ça ne doit pas nous empêcher de le détester, d’autant plus qu’il joue au Paris Saint-Germain. Avec ses allures de garçon coiffeur intimidé pour capturer les ballons du 7ème ciel, il peut plaire aux homophobes. De Marseille, notamment, qui s’y connaissent en la matière (« PSG, on t’encule »). Mais son poste de gardien de but est peu glamour, finalement.
 
Julien Escudé est un tennisman, que venait donc t-il faire dans ce guêpier ? Les titularisations de Domenech sont parfois incompréhensibles. Pourquoi pas Michalak en milieu défensif, pendant qu’on y est ?
 
Le problème de Lilian Thuram c’est qu’il semble trop sérieux et intellectuel pour être crédible, en tant que noir (car comme chacun sait le noir rigole pour un rien et lit très peu Schopenhauer ou Kant. D’ailleurs, à ma connaissance, il n’y aucun philosophe allemand qui soit africain). Et puis il a tendance à crier au loup dès qu’on l’insulte, comme un vulgaire gauchiste. Ca mord, les gauchistes, ça se laisse pas intimider.
 
Le latéral Lassana Diarra apparaît beaucoup plus facile d’accès. Inexpérimenté et inoffensif offensivement, il attise les rancoeurs évidentes. Sans doute trop évidentes, à mon avis : pourquoi lui tomber dessus alors que des brouillons beaucoup plus mâtures sévissent, tel le barbier, à quelques mètres ? Du genre Claude Makelele et Patrick Vieira, des athlétiques premières lignes sortant avec des mannequins (Noémie Lenoir, pour ne citer qu’elle). Les deux compères sont riches, sobres, aux discours posés : l’exact contraire du Footix de stade qui ne peut que les détester !
 
Florent Malouda est par contre intouchable. Son excellente partie n’a pu venir à bout de la vaillance des chardons, et il serait injuste de décrier l’ambassadeur de mes stages pour les apprentis footballeurs.
 
Et Franck Ribéry ? Ah, Franck Ribéry, tout un programme ! Non crypté, hélas. Son visage écorché laisse penser qu’il a oublié le décodeur à la naissance. Problème : foufou, totalement beauf, il séduit les supporters qui se reconnaissent dans ses dribbles redondants. Samir Nasri, alors ? Il est arabe lui aussi, après tout. Un excellent bouc émissaire de base, donc. Et qui joue à Marseille, également ! Enfin un arabe, quoi. Mais il n’est rentré qu’en fin de rencontre, quand la nappe était déjà pliée. Il serait lâche de lui en vouloir.
 
David Trezeguet, oui, je vous vois venir : ce poireau pâteux planté dans les 16 mètres à attendre les balles trop lointaines pour son inertie. « Mais à quoi bon ? », lance-je, renfrogné. A quoi bon taper sur un légume qui s’est en pris plein le bouillon depuis presque 2 ans ? Où est le plaisir ? C’est important le plaisir, en sport, merde ! Critiquer Trezeguet est trop simple, cela revient à jouer contre les Féroé. Ou contre l’Eco… Les Etats-Unis, pardon.
 
Nicolas Anelka est un fils de pub, il le prouve encore en tombant dans les surfaces des chaînes de restauration rapide. Ce fugueur – parti à Londres alors qu’il était encore ado ! – a tout de la racaille violente inquiétant les honnêtes citoyens. Des voitures luminescentes, une carrière énigmatique, une vitesse de pointe fantastique qui lui permet d’échapper à la police. Quel CV ! Des écueils, néanmoins : une timidité touchante, une incapacité à aligner les mots qui n’est pas sans rappeler le supporter du RC Lens, quelques buts récents capitaux en sélection. Mouais. Comme le susurre du bout des lèvres les chanteurs de Folk hésitants : « quel dilemme, Bob. » Quel dilemme.
Pffiou, vraiment dommage que Djibril Cissé n’était pas titulaire. Ca nous aurait grandement facilité la tâche.
Par Michel-Jean Gueulard - Publié dans : Spore
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